Le génie, c’est l’enfance retrouvée à volonté *

Par Celsa

Je vais vous faire une confidence: j’ai toujours été parmi les meilleurs élèves de ma classe (et même souvent la première) mais pourtant, je n’aime pas l’école.

Il y a eu bien sûr de bons moments et des enseignants plus inspirationnels que d’autres, mais je garde à l’esprit un univers peu épanouissant: trop de contraintes, trop de devoirs, trop de par-cœur, trop d’anxiété (la fameuse boule au ventre du dimanche soir !) et qui ne m’a, malgré mes bonnes notes, pas du tout donné confiance en moi.

Ecole

J’ai constaté aussi que ce système académique traditionnel ne préparait absolument pas au monde du travail et encore moins aux mutations que celui-ci est en train de connaître.

Pour nos parents, c’était en effet relativement simple: il fallait trouver un travail et bien le faire. Aujourd’hui, ça ne suffit plus : les connaissances sont en libre accès mais les emplois se sont complexifiés, peuvent être exercés par un plus grand nombre de personnes ou deviennent obsolètes extrêmement vite.

Les entreprises ont besoin d’employés avec un cerveau bien rempli mais ce qui les intéressent, ce sont avant tout leurs compétences (analyse critique, communication, créativité, leadership…), qui sont indispensables pour évoluer et se démarquer des autres. Je peux vous dire que moi, l’ancienne première de la classe, qui ne suis pas spécialement douée pour me mettre en avant et qui croyait que mes résultats allaient parler pour moi comme à l’école, j’ai pris une sacrée claque !

L’avenir sera donc à ceux qui sont capables d’aller plus loin et de réinventer (voire d’inventer) leur boulot. Comme on ne changera pas l’Education Nationale tout de suite (certains ministres s’y sont cassés les dents), j’ai choisi de vous parler de ce qu’on peut déjà faire à notre échelle de parents, pour transmettre à nos loupiots ces qualités que l’on n’apprend pas (que) à l’école.

Tony Wagner, un spécialiste de l’enseignement à Harvard s’est penché sur la question dans le cadre de son livre « Creating Innovators ». Il a interrogé des jeunes gens particulièrement créatifs et entrepreneurs, ainsi que leur entourage, pour comprendre ce qui les avait aidés à devenir des innovateurs. Il a aussi interviewé des jeunes parents qui ont eux-mêmes réussi comme innovateurs ou entrepreneurs. L’étude est conduite aux USA mais je pense que l’on obtiendrait des résultats similaires en France.

Kids innovation

Pour ces parents orientés vers l’innovation, développer la motivation de leurs enfants est plus important que leur réussite telle qu’elle est conventionnellement définir. Ils y sont parvenus via :

A/ LE JEU :

  • peu structuré et à l’initiative de l’enfant,
  • moins de jouets mais qui encouragent la créativité (comme les Lego),
  • un temps limité devant la télé (quelques heures par semaine, en famille) et un accès contrôlé à l’ordinateur, placé dans un endroit familial plutôt que dans la chambre de l’enfant.
  • des activités extra-scolaires peu nombreuses mais choisies.

Il faut donc qu’un enfant s’ennuie pour devenir créatif !

B/ LA PASSION :

En ne structurant pas trop leur temps, ces parents ont créé une palette d’opportunités pour leurs enfants, leur permettant ainsi d’explorer différents univers et surtout de développer de vrais intérêts, peu importe qu’ils deviennent des champions dans tel ou tel domaine.

C/ LE SENS

Ces parents ont transmis à leurs enfants des valeurs de partage et de solidarité. Les jeunes innovateurs interrogés ne sont donc pas simplement à poursuite d’une passion mais veulent aussi donner du sens à leur vie. Ils ont ainsi initié des projets tels que la préservation d’espèces en danger, le parrainage d’adolescents défavorisés ou le développement de technologies performantes mais abordables pour les pays du Tiers-Monde.

On constate que finalement, ces jeunes créateurs ont appris à innover en dépit de leur scolarité – et pas à grâce à – même ceux qui sont allés dans les « meilleures » universités.

La plupart ont tout de même cité au moins un professeur « mentor » qui avait marqué de manière significative leur développement en renforçant leur motivation et en leur enseignant à travailler en groupe, à prendre des risques et surtout apprendre de leurs erreurs au lieu de les sanctionner, renforçant ainsi leur confiance en eux.

images

Rendez-vous dans 30 ans pour savoir si ma Choupette est devenue une Steve Jobs au féminin ! En attendant, j’appréhende un peu la rentrée des classes de septembre 😉

* Citation de Charles Baudelaire.

Pour en savoir plus (en anglais) sur les travaux de Tony Wagner: http://www.tonywagner.com/

Conférence TED « Play, Passion, Purpose »:

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